Billets d'humeur : la Croix-Rousse n'est pas à vendre réagit !

Que se passe-t-il rue du Bon Pasteur ?

Une fois n'est pas coutume, l'association s'intéresse à ce qui se passe de l'autre côté du boulevard, et plus précisément sur le tènement sis au 33 bis de la rue du Bon Pasteur. Pour rappel, sur cette parcelle se situe un ensemble composé de deux constructions, vides de toute occupation, entourées d'un terrain arboré. Appartenant à la ville de Lyon, ces constructions, un temps occupées illégalement par un collectif dans le but d'en faire un lieu de rassemblement convivial, font maintenant l'objet d'un permis de démolir.

 

Le but de l'opération n'est pas entièrement connu - on évoque la cession du terrain à un promoteur pour la construction de logements privés -, mais la croix-rousse n'est pas à vendre, sollicitée par deux habitants du quartier membres d'une association opposée à la démolition du bâti et réclamant la conservation de l'espace vert, a fait valoir son attachement à la conservation d'espaces végétalisés de proximité. Ainsi, l'association, sans pouvoir cautionner l'occupation illégale d'une parcelle, se déclare favorable à la création d'un jardin public, ou partagé, dont pourraient bénéficier les habitants de ce quartier des Pentes, qui se trouve être un des arrondissements les plus denses d'Europe.

Pour en finir avec la question du logement

Il est certaines choses qu’il est parfois bon de repréciser. La polémique – maintenant enterrée – née à la dernière assemblée générale lorsque la mairie a exprimé de façon on ne peut plus tranchée sa position sur le logement, est venue nous rappeler la nécessité de clarifier, encore et toujours, certaines positions de l’association.

 

 

La Croix-Rousse n’est pas à vendre n’a jamais fait mystère de sa position en matière d’urbanisme : elle plaide pour une urbanisation modérée, et raisonnée. Mais contrairement à ce que d’aucuns voudraient faire croire, elle ne fait pas son credo de l’opposition systématique à tout projet de construction.

 

 

S’agissant du logement en particulier, la Croix-Rousse n’est pas à vendre défend une politique d’équilibre, qui s’efforce à la fois de préserver la qualité de vie et de garantir la mixité sociale et générationnelle, qui tout deux constituent les fondements de l’identité croix-roussienne.

 

 

Cependant, l’association entend bien exercer son sens critique vis-à-vis de l’application de la loi ALUR dans le 4ème arrondissement. Car envisager 25% de logements sociaux à l’échelle d’un quartier, d’une ville ou d’une agglomération constitue un objectif louable, mais attention aux effets d’annonce ! Actuellement, la politique de construction ne prévoit « que » 25% logements sociaux dans les programmes neufs. A ce train, la Croix-Rousse atteindra effectivement cet objectif dans… 293 ans.

 

 

C’est donc dans un souci de pragmatisme que l’association défend la construction de logements majoritairement – sinon exclusivement – à vocation sociale, mais également la réhabilitation de logements existants, et particulièrement dans la partie est de l’arrondissement, qui se trouve être déjà très dense.

 

 

C’est au prix d’une politique du logement équilibrée et ambitieuse que la Croix-Rousse conservera durablement son identité, à travers la défense de sa diversité sociale, culturelle et générationnelle. On l’a - hélas - déjà constaté par ailleurs, une urbanisation mal maîtrisée conduit bien souvent à une homogénéisation sociologique préjudiciable à la vie du quartier.

 

 

Certes, l’arrivée d’une population en mesure d’acquérir des logements proposés à un tarif de 6000 euros le mètre carré est très appréciable pour les finances de la collectivité, mais, à terme, elle se révèle néfaste si elle devient exclusive, car elle en vient à priver un quartier de ses forces vives, qui ne sont ni plus ni moins que tous les aspects qui constituent sa diversité.

 

Arbre protégé ?

Exemple de sauvegarde d'un arbre avant une construction. On peut voir le résultat 23 rue Clos Savaron!

Internat Favre : une fermeture qui ne passe pas

Après le sursis accordé en  2011, le sort de l’internat Favre est désormais scellé : la fermeture a été prononcée pour le mois de septembre 2015. Cette année sera donc, sauf surprise, la dernière d’une institution centenaire qui voit ses portes se fermer pour cause de restriction budgétaire. L’État a été le premier à tirer, puisque c’est l’aide de 450 000 € qui a d’abord été réduite à 200 000 €, avant d’être entièrement supprimée.

Face à la perte de cette subvention, la ville de Lyon a décidé qu’elle ne pourrait pas supporter à elle seule le coût de fonctionnement de l’internat ; et l’apparition de la métropole sur la scène ne changera rien à l’affaire. Si les personnels de l’internat pourront être reclassés dans différents services de la ville, le devenir des quelque 60 enfants accueillis cette année n’est pour l’heure pas décidé.

La décision, pour être attendue depuis plusieurs années, n’en est pas moins brutale. Et fait grincer des dents : à droite comme à gauche, on ne se prive pas d’avancer, à titre de comparaison, la somme des investissements consentis pour le Musée des Confluences ou encore le Grand Stade de Décines.

Mais au-delà de l’aspect économique, c’est peut-être le sentiment d’injustice qui domine aujourd’hui. L’esprit de solidarité, qui anime l’aide à l’enfance en difficulté, est cher aux lyonnais et plus particulièrement aux croix-roussiens, qui peuvent aujourd’hui s’estimer trahis. La Croix-Rousse a construit son histoire, ancienne ou récente, sur cette idée, et il est insupportable pour nombre d’habitants du plateau, des pentes ou d’ailleurs, de voir se refermer une page d’une riche histoire sociale sur une simple décision budgétaire.

Les déclarations de Gérard Collomb, qui assure vouloir conserver une vocation sociale pour les installations de l’internat Favre, vont-elles suffire à rassurer ? Rien n’est moins sûr, si l’on considère le nombre d’établissements à vocation éducative ou sociale en attente d’une reconversion, pour le meilleur… ou pour le pire : on pense ici à la villa Chazière, située à quelques dizaines de mètres de l’internat, ou encore au bâtiment de la Société Professionnelle d’Enseignement du Rhône, sis quai Gillet.

La fermeture pose également des questions qui font déjà débat chez les habitants du plateau : quel avenir est réservé au bâtiment et au terrain qui l’entoure ? Nul n’ignore l’appétit des promoteurs pour ces tènements propices à la construction de logements haut de gamme. Même si aucune information en notre possession ne vient corroborer ou infirmer la rumeur, celle-ci fait tout de même état d’un projet d’hôtel 5 étoiles, ce qui condamnerait de facto tout espoir de voir les installations de l’internat rester dans le giron du public et retrouver, peu ou prou, une vocation sociale. L’exemple de feu le centre Livet a échaudé les esprits, et il n’est pas sûr que ceux-ci se soient suffisamment refroidis pour ne pas s’opposer à grand bruit à un projet immobilier de grande ampleur…

La Croix-Rousse n’est pas à vendre demande que soit trouvée rapidement une solution satisfaisante pour les enfants actuellement scolarisés à l’internat Favre, et pour que soit maintenu sur les lieux un service d’action sociale ; elle soutient toute initiative en ce sens.
Soucieuse également de la préservation du patrimoine, tant bâti que végétal, l’association veut également que l’ensemble du terrain demeure propriété publique, que soit conservé le bâtiment de caractère, et que l’espace boisé, classé, ou à mettre en valeur, demeure défini tel quel et soit accessible au public.

Un courrier exposant les demandes de l’association a été adressé à David Kimelfeld, maire du 4ème arrondissement.

Affaire à suivre.

Pour aller plus loin :
http://www.rue89lyon.fr/2014/12/19/fermeture-de-linternat-favre-lyon-ce-nest-pas-noel-pour-le-monde/
http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Actualites/Social/La-fermeture-de-l-internat-Favre-gene-le-conseil-municipal
http://www.leprogres.fr/rhone/2014/12/11/l-internat-municipal-adolphe-favre-menace-une-nouvelle-fois-de-fermeture (payant)

Pour signer la pétition pour le maintien de l’internat : http://www.petitions24.net/contre_la_fermeture_de_linternat_municipal_adolphe_favre

Le permis de construire des 64-66-68 de la rue Chazière a été modifié

Une satisfaction pour l'association !

 

La mobilisation des riverains des 64-66-68 de la rue Chazière, concernés par un permis de construire, a permis de réduire l'ampleur du projet immobilier. Celui-ci ne concerne plus, dans sa nouvelle version du 14 novembre, que les 66 et 68, le 3ème propriétaire étant revenu sur sa décision de revendre son terrain.

 

C'est une preuve que la mobilisation des habitants peut réduire l'ampleur de projets immobiliers.

La vogue a laissé des traces

Nouveauté de cette édition 2014, l’installation de la vogue sur l’esplanade du Gros Caillou a fait des remous dès l’arrivée des premiers forains. Maintenant qu’elle a plié bagages, l’état de la pelouse a de quoi faire grincer des dents : celle-ci garde en effet bien visible la trace du passage des camions. Sans vouloir alimenter les polémiques qui ne manqueront pas de se déclencher, l’association se questionne sur la position que la mairie va adopter : une remise en état est-elle d’ores et déjà prévue, et avec quel financement ? La Croix-Rousse n’est pas à vendre soutient la vogue, mais entend rester vigilante sur les dégâts qu’elle peut potentiellement occasionner sur le cadre de vie du plateau.

Dégâts causés par la vogue à la pelouse de l'esplanade du Caillou

Six de chute

Décidément, les arbres n’ont pas la cote sur le plateau de la Croix-Rousse, ces derniers temps. Ce n’est pas moins de six arbres qui ont été abattus tout récemment dans la montée des Esses, dans le virage qui fait face à l’entrée du CNR. Les travaux en cours sur l’ensemble de la montée ne sont un secret pour personne, par contre les raisons qui ont motivé cet abattage demeurent obscures. Six arbres en bonne santé sont un lourd tribut à payer pour l’aménagement d’une piste cyclable et l’amélioration de la circulation des bus. Au-delà du simple – mais lourd – bilan comptable, c’est l’absence totale de concertation qui dérange. Le Grand Lyon, maître d’ouvrage et maître d’œuvre de cet aménagement, n’a visiblement pas jugé opportun d’informer, au minimum, les habitants du plateau sur la nécessité de ces abattages.

Après la disparition de l’acacia de la place des Tapis et le sort réservé au cèdre dans la réalisation du programme immobilier boulevard des Canuts, que nous avons mentionnés dans nos colonnes, le bilan de cette fin d’année s’alourdit au-delà de ce que l’association estime être acceptable. Ainsi, la Croix-Rousse n’est pas à vendre a d’ores et déjà interpellé la mairie du 4ème, afin de faire part de son indignation, et d'avoir des explications.

Sauvegarde du puits de la rue Janin

L'association a apprécié les efforts déployés par le promoteur Fornas et la mairie d'arrondissement pour la sauvegarde du puits au cours de la construction du Carrefour city à l'angle de la rue Janin et de la Grande Rue. Ce puits, qui pourrait dater du XVIIème siècle, est un symbole du patrimoine croix-roussien que l'association entend préserver, et mettre en valeur.

Les jardinières de la place Bertone

L'installation de jardinières place Bertone est certes appréciable, mais on regrettera qu'elles soient trop peu nombreuses en regard de l'espace disponible.

Le projet du Centre Livet : un passage en force

La discrétion du panneau du permis de construire pour l’aménagement du Centre Livet, apposé rue Lachièze-Rey, ne reflète pas du tout le climat dans lequel avance ce projet. Dès sa présentation au public, cet ambitieux programme immobilier a suscité force craintes et mécontentements chez les habitants de Caluire et du 4ème arrondissement.

Rappelons les faits. Cédé par les Hospices Civils de Lyon à Promoval en novembre 2013, ce terrain de 16 000 m², cerné par les rues de Margnolles, Lachièze-Rey et la montée de la Boucle, doit accueillir un hôtel 3 étoiles, une résidence seniors et une soixantaine de logements. Premier motif de colère pour les habitants du quartier et les associations : le bâtiment principal, pourtant déclaré bâtiment patrimonial, doit être détruit. L’intérêt architectural de la face est n’a pas convaincu l’architecte des Bâtiments de France, qui a donné son feu vert pour la démolition. Second coup de canif aux documents réglementaires : le passage du parc en propriété privée, qui deviendrait de facto fermé au public, bien que le Grand Lyon ait confirmé sa vocation d’espace public.

Au-delà des « arrangements » avec les prescriptions du Plan Local d’Urbanisme, c’est la manière dont la démolition du Centre, et la privatisation rampante du parc, ont été justifiées, qui a provoqué la colère des participants à la réunion de présentation qui s’est tenue le 28 mai dernier. Régis Gachon, architecte en charge du programme, et Côme Tollet, premier adjoint délégué à l’urbanisme à la mairie de Caluire, ont répondu point par point, dans une ambiance tendue, aux objections qui ont leur ont été formulées. Pour beaucoup, cette présentation avait tout du passage en force. Car l’aménagement du Centre Livet ne souffre visiblement pas de contestation, les représentants des Comités d’Intérêt Local – dont la Croix-Rousse n’est pas à vendre – en ont été très clairement avisés. Et les habitants du 4ème arrondissement se sont entendu dire qu’ils n’étaient pas concernés par ce qui se passe à Caluire, et à ce titre n’ont pas à donner leur avis. Ambiance…

La passion est retombée, mais la mobilisation demeure, et deux points, susceptibles de remettre en cause la viabilité du projet, entretiennent l’espoir parmi les opposants au projet. En premier lieu, le non-respect des préconisations du document d’orientation d’aménagements, qui prévoyait notamment la construction de deux bâtiment sur le front de la rue de Margnolles et le maintien d’une espace collectif dégagé à l’arrière de ces constructions. Au lieu de cela, ce sont pas moins de six bâtiments qui figurent sur le permis de construire, y compris en dehors du périmètre réservé, soit approximativement sur l’emplacement du bâtiment actuel. Le second point litigieux porte sur la destination du parc pour un usage privé, et la construction de places de stationnement – qui plus est sur une zone boisée classée : il s’agit là encore d’une entorse manifeste aux documents officiels, car ceux-ci prévoient expressément de réserver ces zones dites USP pour des constructions d’équipement public ou d’intérêt collectif ; le permis de construire est très clair sur ce point puisqu’il n’en prévoit aucune de cette nature !

Bref, l’affaire n’est pas close, des rebondissements peuvent encore avoir lieu, même s’il est difficile de s’avancer sur les chances de succès de la mobilisation. L’association s’oppose aussi à ce programme en tant que porteur de nuisances pour le 4ème arrondissement, malgré ce que peuvent en dire ses défenseurs. Les conséquences de cette construction sur la circulation et le stationnement, déjà bien difficiles sur l’ensemble du plateau, sont certaines, et c’est aussi la perspective de la rue de Margnolles qui en pâtira, puisque l’alignement du bâtiment principal sur le trottoir masquera une grande partie de la vue sur le versant nord occupé notamment par le centre Élie Vignal. Cet alignement, réalisant de fait un effet de couloir, sera à n’en pas douter à l’origine de nuisances sonores pour l’ensemble de la partie sud de la rue de Margnolles. La Croix-Rousse n’est pas à vendre suit l’affaire de près et soutient toute action qui pourra être entreprise pour que soient respectées les règles du droit et la qualité de vie du quartier.

 

Pour aller plus loin :

 

PLU du Grand Lyon – Commune de Caluire-et-Cuire
PLU du Grand Lyon – Cahier Communal de Caluire-et-Cuire - orientations d'aménagement, modification n°10
PLU du Grand Lyon – Documents généraux - Règlement
PLU du Grand Lyon – Commune de Caluire-et-Cuire - dossier d'enquête publique, projet de modification n°8

La Croix-Rousse et ses arbres : peut mieux faire

Ceux qui connaissent l’association n’ignorent pas l’importance qu’elle accorde à la place de la nature sur le plateau Croix-Roussien. Deux exemples récents viennent de nous montrer que cette préoccupation n’est pas vaine, et que chaque arbre, grand ou moins grand, peut un jour voir son avenir compromis par une construction immobilière ou un projet d’aménagement.

Première victime, et non des moindres, l’acacia qui embellissait la perspective entre la rue Jacquard et le boulevard des Canuts a fait les frais de l’aménagement du trottoir sur cette partie de la nouvelle place des Tapis. Questionnés sur le pourquoi de cet abattage, le responsable du chantier, puis un peu plus tard le maire d’arrondissement, ont avancé une raison de responsabilité entre l’ICF, propriétaire de l’immeuble situé au début du boulevard, et le Grand Lyon, maître d’œuvre de l’aménagement et nouveau propriétaire de la parcelle où se trouvait l’arbre. La réalité est sans doute plus simple que cela, puisque sur cette parcelle trône désormais une armoire électrique, qui a nécessité que l’on fasse place nette pour son installation… Deux nouveaux arbres sont certes prévus à cet emplacement, mais peu importent les raisons de cette exécution rondement menée : un arbre remarquable (*) et en bonne santé a été abattu sans autre forme de procès, et c’est tout ce qui retient notre attention.

Les changements occasionnés par la construction en cours au 73 de la rue Denfert-Rochereau se sont faits certes plus discrets, mais une fois de plus, c’est la verdure qui a dû céder le pas au béton. Épargnés par le ballet des pelleteuses, un bouleau et un cèdre, tentent encore de faire bonne figure, mais leur avenir n’en est visiblement pas moins précaire. La mansuétude dont a fait preuve le maître d’œuvre n’aura finalement été qu’un sursis : la survie à long terme d’un arbre amputé d’une grande partie de son réseau radiculaire, et qui plus est ceinturé de béton, est très incertaine, et l’état de forme actuel de ces arbres n’incite guère à l’optimisme.

On pourrait, malheureusement, citer d’autres exemples ; ceux-ci suffisent déjà à illustrer la difficile position de la nature dans les espace urbains fortement densifiés.

L’association n’entend pas s’opposer systématiquement à tout projet immobilier ; seulement, elle estime que chaque construction, chaque aménagement réalisé à la Croix-Rousse et ailleurs doit – et peut – se faire en respectant la nature dans son ensemble, et en particulier les arbres, qui font partie de notre patrimoine urbain. Les déclarations sont là, mais les actes peinent à suivre, et on ne peut se contenter de raccommodages faits à la va-vite là où il doit y avoir une véritable volonté de concertation et de transparence pour toute question d’aménagement susceptible de concerner la nature en ville.

La minéralisation – terme plus doux et plus à la mode que le poussif « bétonnage » – paraît inéluctable dans nos quartiers centraux, mais la Croix-Rousse n’est pas à vendre continuera à se mobiliser pour protéger le moindre espace de verdure face à l’incurie des promoteurs.

* Officiellement seuls quelques arbres répertoriés sont qualifiés par ce terme. Nous considérons que tout arbre, même situé sur un espace privé, appartient à une « forêt urbaine ». A ce titre nous préconisons que tout abattage ou intervention mettant en cause sa survie soit déclaré et fasse l'objet d'une négociation.

Mise à jour du 25 septembre. Nous voilà fixés sur le sort du cèdre "préservé" au 48 boulevard des Canuts.

Ordonnances « Duflot » : le PLU à la trappe ?

25 juin 2014

 

Parmi les sept ordonnances visant à accélérer la construction de logements, dites aussi « ordonnances Duflot », celle du 3 octobre 2013 a particulièrement retenu l’attention de l’association. Destinées à favoriser les projets de densification, « là où c’est utile », selon la présentation résumée qui en est faite sur le site du ministère, certaines dispositions suscitent les plus vives inquiétudes quant aux conséquences qu’elles peuvent avoir sur la qualité de vie dans les centres urbains.

Dans les quartiers centraux, où la réserve foncière se réduit davantage chaque année, de nouvelles solutions devaient être trouvées pour exploiter au mieux les espaces disponibles. Laissant de côté la densification horizontale, le nouveau dispositif entend favoriser une densification verticale en permettant d’accorder de substantielles dérogations aux règles d’urbanisme lorsqu’il s’agira de statuer sur un permis de construire.

Principales concernées, les règles de gabarits et de densité pourraient ainsi être largement contournées – voire purement et simplement ignorées – en permettant l’alignement d’un nouvelle construction sur le faîtage des immeubles contigus. Si l’on ajoute à cela la facilitation de la surélévation du bâti existant, on a une bonne idée de ce qu’il pourrait advenir de la physionomie de nos quartiers dans les années à venir.

Outre les conséquences immédiates sur la qualité de vie d’une densification à outrance, il faut encore noter les problèmes qu’engendrerait la révision des obligations quant à la création de places de stationnement, lorsque le projet est situé à moins de 500 mètres d’une gare ou d’une station de transport public ; parvenue depuis longtemps à un stade critique sur la partie est du plateau de la Croix-Rousse, la question du stationnement en deviendrait cauchemardesque.

Pour louable qu’il soit – l’association n’ignore pas les problèmes causés par le manque de logements à l’échelle du pays, et ne s’oppose d’ailleurs pas aux projets de construction pour peu qu’ils soient raisonnés –, ce dispositif constitue à l’évidence une mise en péril, à terme, de la qualité de vie de nos quartiers.

A l’heure où des études scientifique sur la densification urbaine louent les bienfaits pour la santé publique des différences de hauteur entre les immeubles contigus 1, cette ordonnance paraît pour le moins à contre-courant de toute réflexion sur un urbanisme raisonné et respectueux du cadre de vie des habitants.

Reste que, et c’est là une éclaircie amenée par l’ordonnance du 19 décembre 2013 portant sur l’accès aux données d’urbanisme, la délivrance de permis de construire dérogeant aux documents d’urbanisme peut encore, si la mobilisation des associations ne faiblit pas et que se maintient un dialogue entre habitants et décideurs politiques, faire l’objet d’une concertation préalable afin de limiter au maximum les dégradations du cadre de vie que peuvent potentiellement occasionner les projets immobiliers bénéficiant de ces nouvelles dispositions.

Quoi qu’il en soit, l’association est bien décidée à ne pas laisser se développer une densification immodérée sur le plateau de la Croix-Rousse, et à faire entendre la voix des habitants qui ne veulent pas subir la loi des promoteurs d’une urbanisation galopante.

 

1 Voir les Cahiers de l'agenda santé de Lyon métropole - n°10 - juin 2008, p. 8 : http://www.millenaire3.com/fileadmin/user_upload/Publications/agenda_sante_10.pdf

 

Pour aller plus loin :

L'infographie explicative des ordonnances sur le site du Ministère de du logement et de l'égalité des territoires : http://www.territoires.gouv.fr/infographie/7-ordonnances-pour-accelerer-la-construction-denbsp_3373

L'ordonnance du 3 octobre 2013 relative au développement de la construction de logement : 

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000028025706&categorieLien=id

 

Voir aussi : Les ordonnances Duflot ouvrent des possibilités de déroger au PLU

Projet de fermeture du local SNCF

05 juin 2014

 

Sale temps pour le service public sur le plateau croix-roussien.

 

Après le local des TCL en 2012, puis l’antenne de la CPAM l’année passée, c’est maintenant au tour de la boutique SNCF du boulevard des Canuts d’être menacée de fermeture.


La rentabilité du site n’est pourtant pas remise en cause ; selon nos sources il s’agirait d’une « cure d’amaigrissement » engagée par la SNCF, cette fermeture venant s’ajouter à celle de la boutique de la Préfecture et, dans un futur proche, de celle de Monplaisir et des Gratte-Ciel.


Bien que le projet ne soit pas officiellement acté, la menace est bien réelle, et la réaction des habitants du quartier ne s’est pas fait attendre, puisqu’une pétition a d’ores et déjà été initiée afin d’obtenir la mobilisation des élus.


L’association s’oppose fermement à la disparition des services publics de proximité à la Croix-Rousse, et invite les habitants à signer la pétition, mise à disposition dans la boutique même.

 

Mise à jour 29 juillet

La mobilisation a porté ses fruits, puisqu'une rencontre entre David Kimelfeld et la direction régionale de la SNCF a débouché sur l'assurance que l'agence serait maintenue au moins jusqu'en 2016. Ces deux années de répit seront mises à profit pour étudier le projet d'un local multiservices, prévoyant l'installation d'un guichet TCL. L'avenir semble donc finalement s'éclaircir pour les services publics du plateau croix-roussien.

Rachat de l'atelier de tissage "Ressicaud"

24 mars 2014 

 

L'achat par la ville de Lyon en février 2014 de "L'atelier Ressicaud" situé au 11 de la rue Lebrun, qui permettra une sauvegarde durable et une mise en valeur de cet ancien lieu de tissage.